Jean-Marc Ettori, une vie à penser la Corse autrement
Jean-Marc Ettori, una vita a pinsà a Corsica altrimenti
Visionnaire, infatigable et profondément attaché à la Corse, Jean-Marc Ettori est l’un des piliers de l’aventure Corsicatours. Héritier d’une histoire familiale forte, il a su transformer une agence de voyages en un tour-opérateur de référence, capable d’anticiper les évolutions du secteur sans jamais perdre de vue l’essentiel : l’humain et le territoire.
Chef d’orchestre assumé, il veille chaque jour à ce que la machine avance sans jamais s’endormir. À plus de 70 ans, l’énergie est intacte, les idées fusent et la curiosité reste le moteur principal. Il nous a accordé quelques minutes pour revenir sur son parcours, sa vision du métier et sa manière bien à lui de faire découvrir la Corse.
Une chose est sûre : avec Jean-Marc Ettori, l’aventure Corsicatours continue de s’écrire au présent, sans jamais cesser de regarder plus loin.
Le pilote Corsicatours
- Pouvez-vous me raconter en quelques mots votre rôle actuel au sein de Corsicatours ? Je suis là pour faire le chef de gare. Je veille quotidiennement à ce que le train ne déraille pas et que tout se passe pour le mieux.
- Comment décririez-vous votre quotidien professionnel ? J’essaie de faire en sorte qu’aucune journée ne se ressemble, sinon je pense que je m’ennuierais. Je cherche tous les jours ce que je peux faire de différent par rapport à la veille.
- Comment votre parcours vous a-t-il conduit jusqu’à Corsicatours ? Ce sont mes parents qui ont d’abord créé l’agence de voyage Corsicatours. Puis, en 1992, la lire italienne a été dévaluée à une époque où le tourisme en Corse était représenté à 80% par des Italiens. La Corse en a beaucoup souffert. Il était essentiel pour le secteur touristique de réagir. L’idée de créer un tour-opérateur m’est alors apparue, afin de faire découvrir la Corse aux touristes français.
- Qu’est-ce qui vous anime le plus dans votre travail aujourd’hui ? Plus jeune, j’étais un peu distrait, je faisais quelques bêtises, mais à la mort de mon père j’ai dû trouver la voie de la sagesse et devenir un peu plus sérieux. Depuis, je suis toujours animé par la même envie de gagner tous les matchs de la vie, économiquement ou non, ce qui est parfois épuisant.
Le moteur du collectif
- Selon vous, quel est le rôle de l’équipe dans la réussite de Corsicatours ? L’équipe a un rôle central, je dirais même que c’est le plus important. On peut être très fort individuellement, mais si l’on ne s’entoure pas de personnes compétentes et volontaires, cela ne sert à rien. Il doit y avoir un véritable échange entre l’équipe et moi.
- Quels sont les traits qui définissent le mieux la culture interne de l’entreprise ? Ma maxime est la suivante : « Un présent sans risque est un futur sans avenir ». J’ai le sentiment de laisser une grande liberté à l’équipe, même si je garde un œil sur tout. J’aimerais parfois qu’il y ait plus de propositions des uns et des autres, qu’on me dise tous les jours qu’il faut changer ceci ou cela. C’est très challengeant pour moi, toutes les propositions sont toujours étudiées.
- Quels sont les projets ou les évolutions qui vous enthousiasment le plus pour les années à venir ? J’aurais dû prendre ma retraite depuis quelques années déjà, mais les chantiers actuels sont passionnants. Nous sommes à un grand tournant dans le secteur du voyage. Les habitudes changent et les nouvelles technologies font leur apparition, notamment l’IA. C’est enthousiasmant mais nous ne savons pas encore jusqu’où cela nous mènera.
- Comment voyez-vous l’évolution de l’entreprise dans un contexte où les voyageurs recherchent de plus en plus d’authenticité et de personnalisation ? La Corse est le modèle idéal pour les voyageurs en mal d’authenticité et de personnalisation, nous sommes toujours à l’affût pour proposer ce type d’expériences à nos clients.
- Si vous deviez définir votre travail en trois mots, lesquels choisiriez-vous ? Je dirais : inconscience, sacrifice et réalisme. Mais trois mots pour résumer une vie c’est trop peu.
Le dirigeant, sans filtre
- Quel est votre premier réflexe le matin : café, mails ou contemplation du lever de soleil ? Rien de tout cela, le matin je regarde en premier tous les journaux, d’abord papier puis à la TV. Ensuite je prends mon petit-déjeuner.
- Avez-vous un “rituel” de bureau que personne ne connaît (encore) ? Mon bureau n’est pas très bien rangé. S’il l’était, ça m’inquiéterait. C’est d’ailleurs pour ça que mon bureau fait 10 centimètres d’épaisseur : il peut être chargé sans être cassé !
- Quelle est la petite habitude qui fait sourire votre équipe ? Il faudrait demander à Stella, mon assistante ! Mais je crois que j’ai un petit faible pour les boîtes de chocolats, je les mange vite tout de suite pour ne plus être tenté le lendemain.
- Si votre rôle à Corsicatours était un personnage de fiction, lequel vous incarneriez ? Je serais Bouddha pour sa tranquillité.
- Quel est le trait de caractère qui vous sauve le plus souvent… et celui qui vous trahit ? Le trait de caractère qui me sauve est mon optimisme, celui qui me trahit est mon réalisme. Ils sont complètement opposés.
- Plutôt figatellu ou fromage corse affiné ? Je suis végétarien, donc fromage, même si j’en arrive parfois à regretter de ne pas être végan.
- Quelle est, pour vous, la plus belle manière de faire découvrir la Corse ? D’y venir !
L'homme passionné
- Un endroit en Corse où vous aimez disparaître (au moins quelques heures) ? Sans hésiter en haut du Monte Cinto avec sa vue imprenable sur la Corse à 360°.
- Si vous aviez une journée sans aucune réunion, que feriez-vous en premier ? Je m’ennuierais.
- Souhaitez-vous ajouter quelque chose que nous n’avons pas encore abordé ? Je me pose souvent la question « qu’est-ce que je ferais dans une autre vie ? ». Je pense que la réponse est que je serais au même endroit mais sans faire les mêmes bêtises.
- Avez-vous un message particulier pour l’équipe ? J’ai une grande confiance en mon équipe. Nous avançons chaque jour ensemble, eux plus que moi.